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    Service national : Kasongo Kabwik, “millionnaire à la tête des infortunés”, la jeunesse sacrifiée

    Glody MesoBy Glody Meso8 avril 2026Updated:8 avril 2026 A la une Aucun commentaire4 Mins Read
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    L’heure n’est plus aux justifications. Elle est aux comptes

    Précarité criante des bâtisseurs, primes impayées, soupçons d’enrichissement insolent au sommet : le Service national s’enfonce dans une crise aux allures de scandale d’État. Désormais, une exigence s’impose avec brutalité vérité, reddition des comptes et rupture immédiate avec l’opacité.

    La promesse était noble : redresser, encadrer, reconstruire une jeunesse en rupture. Mais aujourd’hui, cette vitrine institutionnelle se fissure, laissant apparaître une réalité glaçante. Sur le terrain, les témoignages décrivent un tableau accablant, presque indécent : des jeunes « bâtisseurs » abandonnés à une misère structurelle, mal nourris, entassés dans des conditions précaires, privés de dignité autant que de perspectives.

    Plus révoltant encore, ces jeunes seraient privés de leurs primes depuis plusieurs mois jusqu’à huit mois selon certaines sources concordantes. Une privation prolongée qui confine à l’asphyxie sociale. Une colère légitime qui, au lieu d’être entendue, aurait été étouffée dans la brutalité. La contestation réprimée, le malaise écrasé : une gestion par la force qui en dit long sur la faillite du dialogue.
    Et pendant que la base suffoque, le sommet, lui, prospère.

    Au centre des critiques : le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. À Kinshasa, son train de vie alimente toutes les indignations. Véhicules luxueux, acquisitions immobilières dans les quartiers les plus prisés notamment à Utexafrica, signes extérieurs d’une aisance qui tranche violemment avec la détresse des bâtisseurs. Le contraste est brutal, presque obscène. L’image qui s’impose est celle d’un système inversé : l’abondance en haut, la survie en bas.

    Mais au-delà du train de vie, c’est toute une mécanique qui interroge. Des sources accusent le commandant de privilégier une communication agressive, orchestrée par une armée numérique, au lieu de répondre aux urgences vitales des jeunes encadrés. Une stratégie de façade, où l’on soigne l’image pendant que la réalité se dégrade. Une fuite en avant médiatique pour masquer une gestion de plus en plus contestée.

    Dans ce contexte, les accusations portées contre les bâtisseurs présentés comme irrécupérables ou délinquants persistants résonnent comme une tentative de renversement des responsabilités. Car si ceux que le Service national est censé transformer restent livrés à eux-mêmes, alors c’est le système lui-même qui échoue. Et lourdement.

    Dès lors, une question s’impose, frontale : que devient l’argent public injecté dans ce programme ? Si les moyens existent mais que la misère persiste, alors le problème n’est plus un manque de ressources il est celui de leur gestion. Et potentiellement, de leur détournement.

    Face à cette accumulation de faits troublants, une réponse s’impose avec urgence : un audit financier indépendant, rigoureux, implacable. Pas un exercice de façade, mais une véritable radiographie des flux financiers et des responsabilités. Car sans transparence, il n’y a ni confiance, ni légitimité.

    Dans cette perspective, le maintien en fonction du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik devient problématique. Peut-on sérieusement parler d’enquête crédible lorsque celui qui est au cœur des accusations conserve la maîtrise des leviers ? Peut-on accepter qu’il oriente lui-même des procédures vers la garnison de Kamina, au risque d’apparaître comme juge et partie ? Pour nombre d’observateurs, une mise en retrait s’impose comme une exigence minimale de crédibilité.

    Au-delà d’un homme, c’est tout un système qui vacille. Ce qui devait être un instrument de relèvement national prend les allures d’un dispositif dévoyé, miné par des dérives qui sapent sa raison d’être.

    Et au sommet de cette crise, une interrogation demeure, cinglante, presque insoutenable : comment un programme censé sauver une jeunesse en détresse peut-il produire autant de souffrance… tout en donnant, selon plusieurs témoignages, les apparences d’un enrichissement au sommet ?
    L’heure n’est plus aux justifications. Elle est aux comptes.

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