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    Muyaya signe et persiste : Kabila, Nangaa et tous les autres traîtres exclus du dialogue

    Glody MesoBy Glody Meso20 juillet 2026 ACTUALITE Aucun commentaire7 Mins Read
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    Le dialogue inclusif annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi, commence déjà à susciter de nombreuses interrogations sur ses contours, ses participants et surtout les critères d’inclusivité qui devront guider son organisation. Alors que certains acteurs politiques évoquent la nécessité de réunir toutes les sensibilités congolaises, le gouvernement semble vouloir poser une ligne rouge : aucune place ne serait réservée à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, seraient soupçonnés de soutenir ou de cautionner l’agression dont la République démocratique du Congo est victime.

    C’est dans ce contexte que le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, a annoncé, vendredi 17 juillet 2026, la prochaine signature d’une ordonnance présidentielle destinée à fixer les termes, les modalités et les contours du dialogue inclusif à venir.

    L’annonce est intervenue lors d’un briefing spécial organisé autour du thème : « Évolution du processus de paix et consolidation du front intérieur contre l’agression rwandaise dans l’Est de la République démocratique du Congo ».

    Cette communication du gouvernement est survenue quelques heures seulement après la rencontre entre le président Félix Tshisekedi et les chefs des confessions religieuses. À l’issue de cette audience, le cardinal Fridolin Ambongo avait annoncé que le chef de l’État avait levé l’option d’engager la République démocratique du Congo dans un dialogue inclusif.

    Une ordonnance présidentielle pour fixer les règles du jeu

    Dès l’entame de son briefing, Patrick Muyaya a confirmé l’orientation prise par le président de la République. S’appuyant sur l’article 69 de la Constitution, qui consacre le chef de l’État comme garant de la Nation et de l’intégrité territoriale, le porte-parole du gouvernement a annoncé une ordonnance présidentielle devant préciser les modalités d’organisation de ce dialogue.

    « Je dois préciser que le président de la République, garant de la Nation, agit à ce titre, conformément à l’article 69 de la Constitution. Dans les jours qui viennent, il prendra une ordonnance qui fixera les termes et les détails de la manière dont ce dialogue devra être organisé », a déclaré Patrick Muyaya.

    Selon lui, Félix Tshisekedi sera lui-même « à la manœuvre » pour l’organisation de ces assises. Les chefs des confessions religieuses devraient, pour leur part, être associés à la mobilisation des Congolais à travers le pays et la diaspora.

    « Des tâches seront également confiées aux chefs des confessions religieuses pour voir dans quelle mesure construire cette cohésion en faisant venir les Congolaises et les Congolais de partout, animés, comme nous, par la volonté de mettre fin à l’agression et d’assurer la cohésion nationale de notre pays », a-t-il ajouté.

    « Inclusif » ne signifie pas une récompense pour ceux qui ont pris les armes

    La question de l’inclusivité a naturellement occupé une place centrale dans les échanges avec les journalistes. Patrick Muyaya a tenu à clarifier la position du gouvernement sur ce terme, devenu l’un des mots-clés du débat politique actuel.

    Pour le porte-parole du gouvernement, le dialogue ne doit en aucun cas être perçu comme une récompense accordée aux Congolais qui auraient choisi de prendre les armes contre leur propre pays ou de soutenir les forces accusées d’agresser la RDC.

    « Le dialogue doit se tenir entre Congolais, mais entre des Congolais qui sont en mesure de dénoncer l’agression », a-t-il insisté.
    Patrick Muyaya a notamment évoqué l’existence de Congolais qu’il considère comme des « complices de l’agression », certains ayant, selon lui, fait l’objet de nouvelles sanctions internationales.
    « Lorsqu’on parle d’inclusivité, il s’agit d’abord de tous les Congolais qui s’unissent autour d’un objectif commun », a-t-il expliqué.

    Une déclaration qui laisse planer de sérieuses interrogations sur la participation de certains acteurs politiques accusés, par le pouvoir, d’entretenir des liens ou une proximité avec les forces engagées dans la déstabilisation de l’Est de la RDC.

    Kabila, Nangaa et les autres accusés de complicité avec l’agression dans le viseur ?
    Sans citer directement Joseph Kabila ou Corneille Nangaa au cours de son intervention, Patrick Muyaya a toutefois insisté sur la nécessité d’une rupture claire avec ceux qui, selon le gouvernement, participent à l’agression ou la soutiennent.

    « Il faudra que les Congolais qui viendront à cette discussion démontrent, par leurs déclarations, qu’ils coupent les liens avec ceux qui tuent les Congolais depuis autant d’années », a-t-il déclaré.

    Cette exigence pourrait ainsi constituer l’un des principaux critères de participation au futur dialogue. En d’autres termes, l’inclusivité annoncée ne serait pas synonyme d’ouverture sans conditions à tous les acteurs politiques.

    Le porte-parole du gouvernement a, à l’inverse, cité Martin Fayulu et le docteur Denis Mukwege comme des personnalités n’ayant, selon lui, jamais affiché d’ambiguïté sur la question de l’agression rwandaise.
    « Autant ils peuvent s’opposer au gouvernement ou au président Tshisekedi, autant ils ont toujours montré une fermeté vis-à-vis de l’agression », a soutenu Patrick Muyaya.

    Ces propos pourraient donc être interprétés comme l’esquisse d’une ligne de démarcation entre, d’une part, les opposants au régime et, d’autre part, ceux que le pouvoir accuse de franchir la ligne rouge en collaborant ou en se rapprochant des forces hostiles à la RDC.

    Pas question d’un nouveau partage des postes

    Autre clarification apportée par Patrick Muyaya : le dialogue ne devrait pas être organisé dans le but de négocier un partage de postes ou de former un gouvernement d’union nationale.
    Alors que plusieurs observateurs redoutent de voir ce processus déboucher sur de nouvelles négociations politiques autour des portefeuilles ministériels, le ministre de la Communication a affirmé que l’enjeu principal se situait ailleurs.

    « L’enjeu ici, ce n’est pas le président Tshisekedi, qui est lui-même héritier de cette situation. L’enjeu, c’est de savoir comment les Congolais, partout dans le monde, peuvent se mobiliser pour que, d’une seule voix, ils réfléchissent à la manière de mettre fin à cette agression », a-t-il déclaré.

    Pour le gouvernement, la priorité absolue demeure la défense de l’intégrité territoriale de la RDC.
    « Rien ne vaut plus que l’intégrité territoriale », a martelé Patrick Muyaya.

    Une manière de rappeler que le dialogue annoncé par Félix Tshisekedi ne devrait pas, du moins dans son principe, reproduire les schémas des précédentes concertations politiques souvent accusées d’avoir été transformées en mécanismes de partage de pouvoir.

    Muyaya salue la position du cardinal Ambongo

    Au cours de son briefing, Patrick Muyaya a également salué la dénonciation publique et sans ambiguïté de l’agression rwandaise par le cardinal Fridolin Ambongo.
    Le ministre a considéré cette prise de position comme un signal important dans le processus de construction de la cohésion nationale.

    « Vous avez vous-même entendu le cardinal parler de l’agression rwandaise à l’Est de la RDC. Le fait que le cardinal l’ait dit de cette manière, sans ambiguïté, donne déjà le ton », a-t-il déclaré.

    Selon lui, la rencontre entre Félix Tshisekedi et les chefs des confessions religieuses avait essentiellement porté sur la manière de renforcer l’unité nationale face à la menace qui pèse sur le pays.

    Une ordonnance très attendue
    Désormais, tous les regards sont tournés vers l’ordonnance présidentielle annoncée par Patrick Muyaya. Ce texte devrait préciser les contours du dialogue, son format, ses objectifs ainsi que les mécanismes devant encadrer la participation des différents acteurs.

    En attendant sa publication, le gouvernement a déjà clairement posé les bases de sa vision : le dialogue sera inclusif, mais pas sans conditions. La dénonciation claire de l’agression rwandaise et la défense de l’intégrité territoriale de la RDC devraient constituer les principaux critères de participation.
    Reste à savoir si cette ligne rouge permettra de réunir les Congolais autour d’un véritable front intérieur ou si elle risque, au contraire, d’alimenter de nouvelles tensions politiques entre le pouvoir et une partie de l’opposition.

    Une chose est certaine : avec l’ordonnance annoncée par Félix Tshisekedi, le dialogue inclusif entre désormais dans une nouvelle phase. Et les prochains jours pourraient révéler ceux qui seront réellement invités à la table des discussions… et ceux qui en seront écartés.

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