Le gouvernement congolais affirme avoir réalisé des progrès importants dans la lutte contre le phénomène Mobondo, un mouvement armé qui avait semé l’insécurité dans plusieurs zones du Grand Bandundu, à la porte de Kinshasa.
Au cours d’un briefing presse organisé ce lundi 17 août 2026 avec le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, le ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens Combattants, Eliezer Charmant Ntambwe Mposhi, a dressé un bilan positif des opérations de pacification engagées par les autorités.
Placée sous le thème « Pacification et restauration de l’autorité de l’État dans les espaces jadis occupés par les Mobondo dans le triangle Grand Bandundu-Kongo Central-Kinshasa », cette rencontre a permis au membre du gouvernement de présenter les résultats enregistrés sur le terrain.
D’après Eliezer Ntambwe, 72 villages ont déjà été pacifiés, permettant ainsi une reprise progressive des activités et une meilleure circulation sur certains axes routiers stratégiques, notamment les routes nationales RN1 et RN17.
« Il y a eu une évolution positive. Aujourd’hui, la RN1 est fréquentable sans crainte, tout comme la RN17. Plusieurs villages ont été pacifiés et nous sommes désormais dans la phase du rétablissement de l’autorité de l’État », a-t-il déclaré.
Dans le cadre du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), le ministre a indiqué que 596 ex-combattants Mobondo ont été transférés à de Kanyama Kasese pour leur accompagnement par le Service national, tandis que d’autres restent pris en charge dans différents sites, notamment à Kinshasa.
Les opérations ont également permis la récupération de plus de 146 armes remises aux forces de défense et de sécurité, a précisé le ministre, qui assure que le processus se poursuit afin de ramener définitivement la paix dans les zones touchées.
Revenant sur les causes profondes de cette crise, Eliezer Ntambwe a rejeté l’idée d’un simple conflit communautaire entre Teke et Yaka. Pour lui, le phénomène Mobondo découle avant tout d’un conflit foncier qui a progressivement pris une dimension sécuritaire.
Le ministre a par ailleurs expliqué que les combattants qui déposent les armes ne sont pas automatiquement incarcérés, car l’objectif prioritaire du gouvernement est de favoriser leur retour à la vie civile à travers la sensibilisation et la réinsertion.
Il a également démenti toute existence de discussions secrètes avec les responsables du mouvement Mobondo, affirmant que les opérations de pacification se déroulent dans la transparence avec l’implication des médias.
Concernant le chef présumé du mouvement connu sous le nom de « Cobra », Eliezer Ntambwe a assuré que les services de sécurité maîtrisent sa situation, tout en privilégiant une approche visant à l’amener à rejoindre le processus de paix.
Le ministre a enfin souligné que la résolution durable de la question Mobondo nécessite une action concertée de plusieurs ministères, appelés à intervenir chacun dans son domaine pour consolider la paix et favoriser le développement des zones affectées.
Rédaction
