« Jamais une Première Dame n’a été autant portée par son peuple. »
À Kinshasa, la mobilisation organisée jeudi 13 août par l’ASBL Telema Mwana Mampinga (TMM) a donné une résonance particulière à ce message. Femmes militaires, dépendants des militaires et policiers et membres de plusieurs mouvements associatifs se sont rassemblés pour exprimer leur soutien à Denise Nyakeru Tshisekedi, dénoncer les propos jugés injurieux diffusés sur les réseaux sociaux et réclamer davantage de responsabilité dans l’espace numérique.
De la Place Royale, en face du bâtiment du gouvernement, au Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), puis vers les autorités judiciaires, la mobilisation a dessiné une même ligne : défendre l’honneur de la Première Dame, mais aussi faire de cette séquence un plaidoyer contre la banalisation de l’insulte et du cyberharcèlement.
Pour ses soutiens, l’heure n’est plus au silence. « Maman Denise, vous n’êtes pas seule », a lancé Christella Kiakuba, responsable de TMM, dans un discours qui a largement placé la Première Dame au cœur de la mobilisation.
UNE FEMME ENGAGÉE
Le rassemblement avait une forte dimension symbolique. Dans les rangs des participants, le soutien à Denise Nyakeru Tshisekedi était affiché sans détour.
La Première Dame a été présentée comme une femme engagée, une épouse, une mère et une citoyenne, mais aussi comme une figure publique dont les actions sociales, selon ses soutiens, méritent d’être davantage mises en avant que les polémiques qui circulent sur les réseaux sociaux.
« Maman Denise, vous n’êtes pas seule », a martelé Christella Kiakuba.
Le message se voulait aussi une invitation à ne pas céder au vacarme numérique. « Face aux attaques, gardez la tête haute. Face aux injures, poursuivez votre chemin », a-t-elle lancé à l’endroit de la Première Dame.
Une posture qui cherche à installer une autre image de Denise Nyakeru : celle d’une Première Dame qui entend poursuivre ses engagements sociaux malgré les controverses et les campagnes de dénigrement dont elle serait la cible.
« TROP, C’EST TROP ! EKOKI ! »
La mobilisation s’est construite autour d’un cri de colère : « TROP, C’EST TROP ! ÇA DOIT S’ARRÊTER ! EKOKI ! »
TMM dénonce notamment les injures, la calomnie, la diffamation, la manipulation, l’humiliation, le dénigrement et le cyberharcèlement.
L’organisation prend toutefois soin de distinguer critique et insulte. Elle ne revendique pas la mise au silence des opinions divergentes, mais exige que la liberté d’expression s’exerce dans le respect des règles.
« La divergence d’opinions est légitime. La critique est légitime. La liberté d’expression est un droit fondamental », a reconnu Christella Kiakuba.
Mais, poursuit-elle : « La liberté sans responsabilité devient un abus. La critique sans respect devient une violence. La parole sans vérité peut devenir une arme de destruction. »
Pour TMM, cette distinction est essentielle. Soutenir Denise Nyakeru ne signifie donc pas, selon l’organisation, refuser le débat ou la critique de l’action publique. Il s’agit plutôt de fixer une limite à ce qui est considéré comme une attaque personnelle et une atteinte à la dignité.
UN MÉMORANDUM POUR « ASSAINIR » LE PAYSAGE NUMÉRIQUE
Après le rassemblement, la délégation de TMM a mis ses revendications entre les mains du régulateur. Un mémorandum a été remis au président du CSAC, Christian Bosembe.
L’organisation demande au régulateur d’examiner les contenus dénoncés et de prendre les mesures prévues par les textes lorsque des manquements sont établis. Elle plaide également pour une communication numérique « fiable, responsable et digne ».
Le CSAC s’est montré attentif à la démarche. Après avoir reçu le mémorandum, Christian Bosembe a promis des mesures appropriées contre les auteurs des propos dénoncés et évoqué la possibilité d’une suspension temporaire de TikTok, conformément aux dispositions en vigueur.
Cette réaction donne une portée institutionnelle à la mobilisation. Le débat quitte ainsi le seul terrain des réseaux sociaux pour entrer dans celui de la régulation et, potentiellement, de la justice.
UNE DÉMARCHE QUI GAGNE LE TERRAIN JUDICIAIRE
TMM a également sollicité l’intervention des autorités judiciaires. L’organisation demande l’ouverture d’une enquête sérieuse, diligente et impartiale afin que les faits dénoncés soient établis et que les responsabilités éventuelles soient déterminées conformément à la loi.
« Nous ne demandons pas une justice de circonstance. Nous demandons la justice », a insisté Christella Kiakuba.
Cette précision permet à l’organisation de présenter sa démarche comme une demande de protection de la dignité et non comme une volonté de régler une polémique par la pression populaire.
TMM réclame que les éventuels auteurs, coauteurs, complices et, le cas échéant, commanditaires d’actes constitutifs d’infractions répondent de leurs actes, tout en rappelant le principe de la présomption d’innocence.
Derrière cette mobilisation se joue également une bataille d’image. Face aux contenus négatifs et aux attaques dénoncées sur le monde numérique, les soutiens de Denise Nyakeru cherchent à remettre au premier plan son action sociale et son engagement auprès de différentes catégories de la population.
Ils veulent surtout empêcher que l’image de la Première Dame soit réduite aux controverses numériques. Le discours de TMM insiste ainsi sur la nécessité de regarder au-delà de la fonction.
« Derrière la fonction de Première Dame se trouve avant tout une femme, une épouse, une mère et une citoyenne qui mérite, comme toute personne, le respect de sa dignité et de son honneur », a souligné Christella Kiakuba. Cette dimension humaine constitue l’un des ressorts majeurs de la mobilisation.
« CONTINUEZ À SEMER L’ESPÉRANCE »
À Denise Nyakeru, ses soutiens ont adressé un message de persévérance. « Continuez votre marche. Continuez votre combat. Continuez à servir. Continuez à semer l’espérance », a exhorté Christella Kiakuba.
Dans cette lecture, les attaques numériques ne doivent pas devenir le centre de gravité de l’action de la Première Dame. Elles doivent, au contraire, être dépassées par la continuité de son engagement.
« Les insultes passent, mais les œuvres demeurent. Les rumeurs s’éteignent, mais les actes accomplis au service des autres laissent des traces », a-t-elle déclaré.
Une formule qui résume la stratégie de communication portée par TMM : répondre aux attaques non pas par une escalade verbale, mais par la mise en avant du travail accompli.
LE PARI D’UN ESPACE NUMÉRIQUE RESPONSABLE
La mobilisation ne se limite donc pas à Denise Nyakeru. TMM entend désormais faire de cette affaire un combat plus large contre les dérives des réseaux sociaux.
« Internet ne doit pas devenir une zone de non-droit », a déclaré Christella Kiakuba, appelant la jeunesse congolaise à faire du numérique un outil d’apprentissage, d’entrepreneuriat, d’information et de cohésion.
« À la culture de l’injure, opposons la culture du respect. À la désinformation, opposons la vérité. À la haine, opposons la fraternité », a-t-elle lancé.
Un discours qui cherche à replacer la Première Dame dans un combat plus vaste : celui de la dignité dans l’espace public et de la responsabilité dans l’usage des nouvelles technologies.
Au terme de cette journée, le message des manifestants se résume en quelques mots : Denise Nyakeru n’est pas seule.
De la Place Royale au CSAC, en passant par la démarche judiciaire, ses soutiens ont voulu transformer leur indignation en mobilisation et leur soutien en interpellation institutionnelle.
« Maman Denise, soyez forte ! Votre dignité doit rester votre réponse. Votre sérénité doit rester votre force. Votre travail doit rester votre témoignage », a conclu Christella Kiakuba.
Dans une séquence où l’image de la Première Dame est au centre d’une bataille numérique, ses soutiens ont choisi de reprendre la parole pour mettre en avant une autre facette de son engagement.
Et dans les rangs de TMM, le slogan résonne comme une profession de foi : « Jamais une Première Dame n’a été autant portée par son peuple. » Bolamu eleki ebele ! Simplement DNT.
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