Firmin Mvonde lève la mesure d’interdiction de sortie à l’ancien patron de l’IGF et à ses co-accusés

Face à la polémique suscitée par la circulation sur les réseaux sociaux d’une correspondance ordonnant l’interdiction de sortie du territoire national de Jules Alingete et de plusieurs autres personnes, le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, est sorti de son silence. Dans un communiqué du samedi 4 juillet 2026, il a tenu à remettre les pendules à l’heure et à clarifier la portée réelle de cette mesure qui a alimenté de nombreuses spéculations au sein de l’opinion publique.


Depuis plusieurs jours, une lettre adressée à la Direction générale de migration (DGM) fait l’objet d’une large diffusion sur les réseaux sociaux. Le document instruisait les services de la DGM de veiller à l’interdiction de sortie du territoire national de Jules Alingete Key, ancien inspecteur général des finances, ainsi que de plusieurs autres personnes citées dans une enquête portant notamment sur des faits présumés de corruption, de faux en écriture et de blanchiment de capitaux.


La publication de cette correspondance a rapidement donné lieu à de multiples commentaires. Pour certains internautes, cette mesure constituait déjà la preuve de l’implication des personnes visées dans les faits faisant l’objet des investigations. D’autres y voyaient le signe d’une procédure judiciaire susceptible de déboucher sur des poursuites pénales imminentes.


Mais dans sa mise au point, Firmin Mvonde a catégoriquement rejeté ces interprétations. Le chef du parquet général près la Cour de cassation affirme que la mesure conservatoire d’interdiction de sortie du territoire a été levée à la suite de l’évolution du dossier et des résultats des investigations menées par les autorités compétentes.


Selon lui, aucune preuve de culpabilité n’a pu être réunie à ce jour contre les personnes concernées. Il estime, dès lor,s qu’il serait prématuré, voire hasardeux, d’affirmer que les faits reprochés sont établis.
«À ce jour, il est hasardeux de soutenir, au regard des éléments en présence, la culpabilité des incriminés, la preuve de leur implication n’ayant pas été apportée», souligne le procureur général dans son communiqué.
Firmin Mvonde révèle également que certains faits portés à la connaissance du parquet avaient déjà fait l’objet, par le passé, d’investigations judiciaires ayant parfois abouti à des décisions de non-lieu. Une précision qui renforce davantage sa position selon laquelle aucune conclusion définitive ne peut être tirée à ce stade de la procédure.


Le procureur général rappelle par ailleurs que l’interdiction de sortie du territoire national n’avait nullement valeur de sanction. Il s’agissait exclusivement d’une mesure conservatoire destinée à garantir la disponibilité des personnes concernées pendant la phase préliminaire de l’enquête.
Cette mesure, explique-t-il, avait été prise dans le contexte d’investigations ouvertes à la suite d’une injonction du ministre de la Justice et garde des Sceaux formulée dans une lettre datée du 18 juin 2026.


Dans le cadre de la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux, le parquet avait jugé nécessaire d’agir rapidement afin de recueillir les informations et les éléments nécessaires à la manifestation de la vérité.

« La mesure d’interdiction de sortie du territoire, loin d’être une sanction découlant d’une quelconque culpabilité, était une mesure conservatoire destinée à garantir la disponibilité des présumés auteurs devant l’officier du ministère public », a insisté Firmin Mvonde.
Le magistrat met également en garde contre les jugements hâtifs et les interprétations abusives qui ont fleuri sur les réseaux sociaux depuis la divulgation de la correspondance. Selon lui, toute conclusion ne reposant pas sur les faits établis ne saurait engager que son auteur.
Outre Jules Alingete Key, les personnes concernées par cette affaire sont Mustafa Rawji, Mazhar Rawji, Uzair Rawji, Zain Rawji, Kiala Ndombele, Nanu Mukawa, également connu sous le nom de Nanu Alingete, ainsi que Jok Oga Ukelo.
À travers cette sortie médiatique, Firmin Mvonde semble vouloir mettre un terme aux spéculations et rappeler un principe fondamental de la justice : la présomption d’innocence. En l’absence de preuves établissant leur implication dans les faits allégués, Jules Alingete et les autres personnes citées ne peuvent être considérés comme coupables.
Cette mise au point du procureur général intervient dans un contexte où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la diffusion de l’information judiciaire, au risque parfois de transformer de simples mesures conservatoires en condamnations publiques avant même l’aboutissement des enquêtes.
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