L’Eglise du Christ au Congo (ECC) vient de prendre position de manière officielle sur le débat bipolaire relatif aux réformes à apporter à la Constitution du 18 févier 2006. L’Eglise protestante ne s’oppose pas à la démarche d’une réforme constitutionnelle. Cependant, elle donne des préalables pour mener à bien ce débat qui scinde en deux la classe politique congolaise.

Cette union qui rassemble une centaines de confessions chrétiennes protestantes et évangéliques de la RDC s’est prononcée hier dimanche 07 juin, au terme de la 66ème Session Extraordinaire, tenue à partir du 04 à la Cathédrale du Premier Centenaire Protestant à Kinshasa.

Dans cette position que plusieurs observateurs s’accordent pour qualifier de «oui, mais…», la communauté protestante considère que l’initiative de révision ou de changement de la Constitution à l’heure actuelle exige un cadre national inclusif et apaisé.

«L’Eglise du Christ au Congo estime qu’une initiative de réformes constitutionnelles dans le contexte actuel doit impérativement répondre à l’exigence d’un cadre national inclusif et apaisé, conformément aux dispositions des articles 5, 218, 219 et 220 de la Constitution», peut-on lire dans la déclaration officielle sanctionnant ces assises.

Pour ce faire, l’ECC fait référence au créateur et aux valeurs africaines. «Fort de ces évidences, l’Eglise du Christ au Congo appelle les parties à recourir à la sagesse divine (1 Rois 3, 16-28) et aux valeurs ontologiques africaines de l’arbre à palabre », ajoute le même document.

S’appuyant sur divers résolutions émises par des institutions internationales et des accords signés à l’international, les protestants mettent le curseur sur le dialogue comme chemin adéquat pour voir le bout du tunnel.

«Le Dialogue démocratique national et inclusif reste la voie idoine dans ce contexte précis, conformément aux Résolutions 2773 et 2808 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, les Résolutions de l’Union africaine et de l’Union européenne ainsi que des Accords de Washington et de Doha», conclut cette communication.

Scruter les arguments avant de prendre position

Avant de prendre position sur cette question qui divise la classe politique, les pasteurs protestants ont tenu, de prime abord, à entendre les deux parties opposées sur une éventuelle réforme de la Constitution.

« Les Pères de l’Église ont trouvé important d’entendre toutes les parties. Après les auditions de ce matin, ils vont maintenant délibérer pour trouver la parole à donner au peuple », a déclaré le pasteur Maurice Mondengo, directeur de cabinet adjoint du président national de l’ECC.

Secrétaire permanent de l’UDPS, le prof André Mbata a parlé pour le camp de ceux qui veulent le changement de la Loi mère. Il a estimé que la Constitution actuelle est insuffisante pour répondre aux attendre de la population. Ajoutant qu’elle limite l’action du Président de la République.

Pour sa part, le secrétaire général de l’Union sacrée, Augustin Kabuya, initiateur de C4, une autre Coalition qui soutient le changement de la constitution était de la partie, a abondé dans le même sens. Il a réaffirmé l’urgence de modifier la Constitution, soulignant qu’elle constitue un frein à l’exercice effectif des prérogatives du Président.

Un des leaders de l’Opposition et président du parti Ecidé, Martin Fayulu a, quant à lui, représenté la coalition C64 qui est opposée à tout changement de la Constitution. Selon lui, cette démarche intervient dans un moment inopportun. L’initiation pourrait fragiliser la cohésion nationale, avec risque d’exposer le pays à des risques d’éclatement.

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