Le PPRD joue sa survie en 2023, Joseph Kabila reste la grande énigme

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Fer de lance du Front commun du Congo (FCC), le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), un parti qui perd chaque jour qui passe son âme, s’est imposé un pari dangereux : ne pas prendre part aux opérations d’identification et d’enrôlement en prévision des élections générales du 20 décembre 2023.

L’ ancien parti présidentiel, qui a toujours évolué avec Joseph Kabila comme son autorité morale, se bat pour sa survie, ignorant qu’à deux reprises, soit en 2006 et 2011, Kabila s’était présenté en candidat indépendant à la prési dentielle.

Qu’est-ce que le PPRD attend de Kabila ? Difficile à dire. Le plus évident est qu’Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin de Kabila à la présidentielle de 2018, comme bien d’autres caciques du FCC, pensent que Kabila finira par donner un mot d’ordre pour se positionner par rapport aux élections de décembre 2023.

Pour l’instant, le PPRD a levé l’option du boycott à ses risques et périls. Cela fait pratiquement deux semaines que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a lancé les opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs dans les provinces de l’ouest de la RDC, mais le PPRD se dit non concerné.

Le jeudi 05 janvier, à l’issue d’une réunion du Comité exécutif du parti, son Secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, a jeté le pavé dans la mare, estimant que son parti se met à l’écart d’un processus électoral, jugé «non consensuel », se montrant, par ailleurs, envers le pouvoir de Félix Tshisekedi qu’il juge «dictatorial, tribaliste et corrompu».

Le PPRD n’épargne pas non plus la Ceni sous la houlette de Denis Kadima qu’il dit être l’émanation d’un processus corrompu depuis son départ. Pour toutes ces raisons, le PPRD – qui n’a pas obtenu un quelconque point de vue de Kabila retranché dans sa ferme de Kashamata (Lubumbashi) – pense qu’il n’est pas question de participer aux opérations d’identification et d’enrôlement des électeurs dans les conditions actuelles.

Bref, cette formation politique opte pour le boycott. Autrement dit, aucun membre de l’ancien parti pré sidentiel ne devait se faire enrôler.

PAS UN SUICIDE COLLECTIF, UNE COHÉRENCE PAR RAPPORT AU DIAGNOSTIC

Emmanuel Ramazani Shadary a-t-il pris la mesure de ses déclarations ? Qu’en dira Joseph Kabila ? Suspense ! L’un des membres du Bureau politique, Patrick Nkanga, qui continue à clamer sa loyauté à Joseph Kabila, minimise l’impact de ce choix politique du PPRD.

«Ce ne serait pas un suicide politique mais une question de cohérence par rapport au diagnostic», a-t-il expliqué au micro de RFI. Quoi qu’il en soit, dans cette position tranchée du PPRD, Joseph Kabila reste la grande énigme.

En brouillant les pistes, Kabila et son camp vont se mettre en position de discréditer les élections de 2023. En exigeant une nouvelle Ceni, une recomposition de la Cour constitutionnelle, la préparation de la contestation se met tout autant en place.

Le silence de Kabila n’arrangera nullement les affaires du pouvoir en place. Bien au contraire ! Espérons que l’homme au silence légendaire brisera finalement le mythe.

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