Elections en RDC : Washington met la pression pour 2023

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Comme avec son prédécesseur, Joseph Kabila, Washington met déjà la pression sur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour la tenue dans le délai, soit en décembre 2023, des élections générales. Pourquoi cet empressement ? Pourquoi Washington affiche-t-il cette posture, alors que la Céni (Commission électorale nationale indépendante) dispose encore de plus d’une année pour organiser le quatrième cycle électoral de la 3ème République ? En séjour de 48 heures à Kinshasa, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a dit avoir reçu toutes les garanties possibles aussi bien du Chef de l’Etat que du président de la Céni, Denis Kadima, pour la tenue des élections dans le délai. Des assurances qui devraient vrai[1]semblablement tempérer les ardeurs des Etats-Unis

Pas d’erreur pour la Ré[1]publique Démocratique du Congo qui doit organiser de bonnes élections en 2023. Les Etats-Unis font du pays de Félix Tshisekedi le cobaye face au recul démocratique constaté à travers la planète et sur le continent. Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, l’a exprimé sans ambages lors de son passage à Kinshasa le 9 et 10 août 2022. Ainsi se comprend la pression qui est exercée sur les autorités congolaises afin que des élections se tiennent en temps voulu. Avec le président de la République et le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

«C’est très important pour la RDC, mais ça dépasse même la RDC. Nous sommes dans un moment de recul démocratique dans pas mal de pays à travers le monde. L’exemple que la RDC peut montrer avec des élections à temps, qui sont vraiment inclusives, ça peut avoir un impact à travers le continent, à travers le monde. C’est ce que nous attendons », a martelé le secrétaire d’État américain dans une interview à la radio Top Congo Fm. Ceci n’est pas une simple invitation faite aux autorités congolaises d’organiser des élections. Il s’agit une véritable pression exercée qui n’ouvre pas la voie à des tergiversations. Il s’agit d’un programme stratégique à suivre par ceux qui sont en droit de se poser la question de savoir pourquoi venir dicter la ligne à suivre par un Etat souverain. En temps normal, on pouvait se le permettre. Mais actuellement, la RDC traverse des moments difficiles qui imposent que l’intégrité du territoire national soit retrouvée avant d’entrevoir les possibilités d’entreprendre d’autres chantiers, notamment celui de défendre comme il se doit les frontières nationales grâce à une armée forte, dissuasive, républicaine et professionnelle

SIMPLE PRESSION AMICALE?

A première vue, on peut croire qu’il s’agit d’une simple pression amicale d’un partenaire qui se soucie des affaires d’un pays ami. Apparemment, Antony Blinken est venu plus comme un shérif avec comme unique mission de dire à l’un, le Rwanda, d’arrêter de lorgner sur le vaste et riche territoire de son voisin et à l’autre, la RDC, de tout faire pour organiser une vraie transition au sommet de l’Etat, a analysé un diplomate occidental de Kinshasa.

Cette analyse rappelle une déclaration de l’atypique ancien ambassadeur américain en RDC, Mike Hammer, au début du mandat de Tshisekedi qu’il avait qualifié d’un «président de transition».

Serait-ce la matérialisation de cette option levée de Washington qui considère d’ailleurs que la RDC reste un espace de libre circulation et de libre commerce ? Cette pression qui n’est pas faite sur Kigali qui organise des parodies d’élections et qui bénéficie des largesses et de la protection américaine est la preuve que ce pays n’appartient pas en réalité aux Congolais. Les autorités congolaises sont invitées à amorcer l’appropriation du pays. Il n’est plus question de rester attentiste et subir le diktat qui vient d’ailleurs à cause de l’irresponsabilité des dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays.

Félix-Antoine Tshisekedi et Denis Kadima ont donné toutes les garanties sur l’organisation des scrutins dans le délai constitutionnel. Cette promesse ferme peut désormais être considérée comme une prison qui pourra se refermer sur ceux qui les ont formulées.

Les Yankees, qui ne sont pas des enfants de chœur, sont capables de tout. Il faut se méfier de leur visite surtout lorsqu’ils viennent parler d’élections dans un pays qui les organisent tant bien que mal.

Econews

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