Le VPM de l’Intérieur a suspendu la validation les conclusions du 4ᵉ congrès de l’AFDC qui l’avait reconduit à la tête du parti.
Une nouvelle zone de turbulences s’ouvre au sein de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC). Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a décidé de suspendre la validation du 4ᵉ congrès de cette formation politique dirigée par Modeste Bahati Lukwebo, à la suite d’une contestation interne portée par certains membres du parti.
La décision du patron de la territoriale est contenue dans une correspondance officielle datée du 13 avril 2026. Dans ce document administratif, le ministère indique avoir accusé réception de la lettre du Secrétaire général de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), portant sur la transmission des résolutions notariées issues du congrès du parti.
Toutefois, il précise qu’une opposition formelle a été enregistrée contre la validation dudit congrès. Chose qui empêche la validation des résolutions issues de ces assises.
Selon des sources proches du dossier, un groupe de cadres et militants de l’AFDC conteste ces résolutions.
Ces derniers dénoncent des irrégularités présumées dans l’organisation et le déroulement du congrès, remettant en cause sa conformité aux statuts du parti ainsi qu’aux dispositions légales en vigueur en matière de fonctionnement des partis politiques en République démocratique du Congo.
Une décision à portée administrative et politique
La suspension de la validation du congrès signifie, sur le plan administratif, que les résolutions issues de ces assises – notamment celles relatives à la désignation ou à la reconduction des dirigeants – ne peuvent, à ce stade, produire d’effets juridiques.
En clair, le ministère de l’Intérieur entend geler toute reconnaissance officielle des décisions prises lors de ce 4ᵉ congrès, en attendant un examen approfondi du contentieux.
Cette mesure traduit également la volonté des autorités de tutelle de jouer un rôle d’arbitre dans les conflits internes aux partis politiques, conformément à leurs prérogatives. Elle vise à prévenir une crise plus profonde susceptible d’affecter la stabilité et la cohésion de cette formation politique influente sur l’échiquier national.
Des tensions internes au grand jour
L’AFDC, longtemps perçue comme un bloc relativement structuré autour de son autorité morale, fait face à des dissensions qui semblent désormais s’exprimer ouvertement. Les contestataires reprochent notamment à la direction actuelle un manque de transparence dans la convocation du congrès et dans la gestion des candidatures aux instances dirigeantes.
Du côté des proches de Modeste
Bahati Lukwebo, aucune réaction officielle n’a encore été rendue publique au moment de la suspension. Toutefois, certains cadres du parti évoquent en coulisses une « manœuvre politique » visant à fragiliser le leadership établi.
Quelles suites possibles ?
La balle est désormais dans le camp du ministère de l’Intérieur, qui devra examiner les griefs soulevés par les opposants internes. Plusieurs scénarios sont envisageables : soit la validation du congrès est finalement confirmée après vérification, soit les autorités exigent la reprise partielle ou totale des assises, voire l’organisation d’un nouveau congrès.
Dans tous les cas, cette affaire pourrait avoir des répercussions non négligeables sur le positionnement de l’AFDC au sein des alliances politiques, à l’approche des prochaines échéances électorales. Elle met également en lumière les défis persistants liés à la gouvernance interne des partis politiques en RDC, entre exigences démocratiques, respect des textes et rivalités de leadership.
En attendant une issue claire, la suspension prononcée par Jacquemain Shabani maintient l’AFDC dans une situation d’incertitude, révélatrice des tensions qui traversent actuellement plusieurs formations politiques du pays.
