La famille politique et la famille biologique de Vital Kamerhe s’opposent ouvertement sur la question de la révision constitutionnelle. Pendant ce temps, le numéro un de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) semble jouer au Ponce Pilate. Vital Kamerhe n’a, pour l’instant, personnellement pipé mot pour calmer les tensions.

À première vue, la position prise par l’UNC en réaction aux déclarations de Didier Kamerhe peut être perçue comme le reflet de la pensée de Vital Kamerhe lui-même. Mais lorsqu’on s’interroge sur les réalités sous-jacentes, il y a lieu de douter que cette ligne corresponde réellement à ce que pense profondément le leader de l’UNC.

Dans la « Fatshisphère », le débat autour de la Constitution semble aujourd’hui avoir valeur de test de loyauté envers « l’autorité morale » du pouvoir. Pour certains poids lourds politiques membres de l’Union sacrée, c’est aussi l’occasion de se livrer à une surenchère politique, voire de repositionner leurs pions sur l’échiquier national.

Retour sur la bisbille au sein de la famille politique de Vital Kamerhe

À Kinshasa, le débat autour de la révision constitutionnelle continue de secouer les rangs de la majorité. Cette fois, c’est le regroupement politique AA-UNC qui est monté au créneau pour lever toute ambiguïté sur la position de l’Union pour la Nation Congolaise, le parti dirigé par Vital Kamerhe.

Dans une déclaration politique ferme faite samedi 7 mars, le regroupement AA-UNC a tenu à préciser que les propos récemment attribués au Dr Didier Kamerhe, appelant le président de la République à renoncer à son projet de révision constitutionnelle, ne reflètent ni la ligne officielle du parti ni celle de son président national.

À l’origine de la controverse, un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel Didier Kamerhe affirmait que le président Félix Tshisekedi devait abandonner son programme de révision de la Constitution.

Ces propos ont rapidement suscité interrogations et interprétations dans l’opinion publique. Certains y ont vu le signe d’une fissure au sein de la majorité présidentielle. Mais pour l’AA-UNC, les choses sont claires : aucune déclaration individuelle ne peut engager le regroupement sans concertation préalable.

« Le regroupement politique AA-UNC auquel nous appartenons ne se prononce qu’après réunion de ses sociétaires, notamment les élus que nous sommes », précise la déclaration.

Autrement dit, chacun peut exprimer une opinion personnelle, mais aucune prise de position publique ne saurait être assimilée à la ligne officielle du parti sans validation collective.

Loyal malgré les turbulences politiques

Dans cette mise au point, l’AA-UNC réaffirme également son attachement à la vision politique portée par le chef de l’État. Le regroupement insiste sur la loyauté constante de l’UNC envers les initiatives du président de la République.

Cette prise de position intervient dans un contexte politique marqué par des tensions internes, notamment après les épisodes houleux vécus à l’Assemblée nationale autour du leadership de Vital Kamerhe.

Malgré ces turbulences, les cadres du regroupement tiennent à rappeler la constance politique de leur leader. Ils décrivent Vital Kamerhe comme « un homme digne et loyal envers ses engagements politiques pour le pays », déterminé à préserver la stabilité de la majorité et à soutenir les initiatives jugées nécessaires pour l’avenir de la République.

Depuis lors, les échanges se sont durcis entre Billy Kambale, secrétaire général de l’UNC, et Didier Kamerhe. D’autres cadres du parti se sont également invités dans ce débat qui révèle des tensions latentes au sein de la formation politique.

Le débat constitutionnel au cœur des équilibres politiques
Cette clarification intervient alors que la question de la révision constitutionnelle s’impose progressivement comme l’un des principaux marqueurs de positionnement politique à Kinshasa.

Entre prudence stratégique et débats internes, chaque camp affine sa ligne. Les déclarations individuelles, amplifiées par les réseaux sociaux, peuvent rapidement être perçues comme des ruptures politiques.

En prenant publiquement ses distances avec les propos de Didier Kamerhe, l’UNC cherche donc à éviter toute confusion et à préserver l’unité de sa famille politique au sein de la majorité.

Dans un paysage politique congolais où la moindre déclaration peut provoquer des secousses au sommet de l’État, cette sortie de l’AA-UNC apparaît comme un
véritable exercice d’équilibriste.

D’un côté, rappeler la discipline interne et la nécessité d’une parole collective. De l’autre, maintenir la cohésion d’une majorité déjà confrontée à des débats sensibles.
À Kinshasa, une chose est désormais certaine : autour de la question constitutionnelle, chaque mot prononcé devient un signal politique parfois lourd de conséquences.

Exclusif RDC

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